Voilà la réponse d'une dame congolaise à la question ''pourquoi marchez-vous?'' Leurs maisons et villages sont devenus champs de bataille et ils fuient, prenant les routes par milliers, le plus souvent à pied, chargés de leur vie entière.
La courte série de linogravuresRD Congo - la grande marche fait suite à celle présentée précédemment sur les émeutes de la faim (voir L'art contre l'oubli, publié sur ce blog le 24 août dernier). J'ai gravé ces images parce que la situation intolérable des civils au Congo me frappe dans mon humanité même, comme femme, comme mère. Je me demande ce que nous attendons pour évoluer.
C'est avec cette série de linogravures sur les émeutes de la faim en 2008 que j'ai commencé à me permettre de puiser à même les photos d'actualité pour les détourner vers la gravure éditoriale. Ce type de photos qui arrive dans nos médias d'infos en un flot incessant (continu!) que nous occidentaux du nord avons l'habitude de zapper, comme si ces personnes ne pouvaient être nous-même à Manille, nos enfants au Caire ou nos parents à Port-au-Prince. Tout le monde veut nourrir sa famille, rien de plus naturel, où que l'on naisse.
Ils se sont levés en même temps parce qu'ils avaient faim et ce, pour des raisons évidentes d'iniquité - s'il faut faire un dessin, voir hyéroglyphe! -. J'ai voulu les graver pour les figer dans le temps, pour ne pas les oublier.